
Notre monde
est un monde
désenchanté,
qui se livre de
plus en plus
au pouvoir
des hommes
sur euxmêmes.
Marcel Gauchet
« Ce n’est plus l’impérialisme des croyances qui nous
menace. Mais c’est l’excès d’inconscience, le fait de
ne pas reconnaître à leur juste valeur ces données
qui organisent en fait notre existence. »
Marcel Gauchet
« L’affaire semblait entendue :
depuis la mort de Sartre
et de Foucault,
après celle de Bourdieu,
la France ne connaîtrait plus
de ces penseurs gigantesques
qui font la gloire d’une nation.
(…) Gardons-nous pourtant
de céder au confort
de la nostalgie
et ne confondons pas
la mutation d’une espèce
avec sa disparition.
De la génération nouvelle
qui arrive aujourd’hui à maturité
Marcel Gauchet
est l’illustration exemplaire :
ni maître à penser
ni gourou visionnaire,
son seul engagement
se fait au profit
de l’intelligence du présent
et de l’élucidation
de ses paradoxes. »
Pierre-Henri Tavoillot, Le Point
Marcel Gauchet
Issu dun milieu modeste, Marcel Gauchet entre
à l’École normale d’instituteurs puis, après une
maîtrise de philosophie, se lie avec Claude
Lefort et surtout Pierre Nora, avec qui il fonde la
revue Le Débat. S’intéressant à l’État, la laïcité
et la religion, il publie Le Désenchantement du
monde en 1985, ouvrage majeur qui le rend
célèbre. Pour Gauchet, l’ébranlement de la
société traditionnelle laïque suscite la chute du
religieux : c’est à la lumière de l’histoire qu’il
illustre sa théorie philosophique, soutenant que
l’absolutisme royal, en abusant du pouvoir, a
dépassé et discrédité le religieux dont il se
réclamait… Jusqu’à un point de non-retour. Du
concordat de 1801 à la séparation de l’Église et
de l’État, Gauchet explique cette disjonction historique
par une frontière plus large, celle qui
sépare la société civile de l’État. Le libéralisme
se révèle donc être un état de fait avant d’être
une doctrine politique. Homme de gauche s’inscrivant
dans la tradition libérale, Marcel
Gauchet laisse rarement indifférent. Haute
figure de l’École des hautes études en Sciences
sociales, qui l’accueille malgré un parcours original
– il n’est ni agrégé ni doctorant –, il travaille
aussi beaucoup sur les droits de l’homme et
l’anthropologie.