Théâtre 95 de Cergy-Pontoise
 

Terre !  /  La Spectatrice
deux impromptus intempestifs dédiés aux spectateurs de théâtre.

DU VENDREDI 11 AU JEUDI 17 FÉVRIER À 21H
(RELÂCHE DIMANCHE)

 
Les spectateurs demeurent l’éternelle préoccupation des gens de théâtre.
Enthousiastes jusqu’à la folie, indignés jusqu’au paroxysme de la colère, ils sont à la fois les sujets des dramaturgies les plus classiques ou les plus audacieuses et les destinataires espérés ou craints de toutes les représentations. Alors que l’on pourrait imaginer une scène sans acteur, on ne peut concevoir un geste théâtral sans spectateur.
Que reste-t-il du théâtre dans nos vies saturées d’images, toujours plus médiatisées et surexposées ? Cet espace civilisé, où le désir de l’altérité et la séduction des symboles triomphent de la violence et de la brutalité, peut-il encore exister ? Un regard amoureux et attentif sur l’humanité a-t-il encore sa place dans la “pornoscopie” consumériste des lofteurs sans vocabulaire et des Messieurs Prudhomme aux idées courtes, à “sens unique” ?
David Noir et Joël Dragutin, dans des styles différents qui ont l’élégance d’un
humour très libertaire comme point commun, élaborent des réponses à ces questions bien plus importantes qu’il n’y paraît aujourd’hui.
Ces deux impromptus vous sont dédiés, cher public.
Vous retrouverez vos délires, vos amours, vos défauts, vos exagérations, mais
surtout, surtout, nous aimerions que vous ressentiez, un peu comme nous l’expérimentons au fil des soirs, ces intensités singulières que vous nous transmettez et l’importance fondamentale de vos émotions qui rendent chaque représentation unique.

 

Terre !
CREATION
Texte et mise en scène de David Noir
Cie La Vie Est Courte
Avec : Rémy Bardet, Valérie Brancq, Sonia Codhant, Jérôme Coulomb, Jean-Hugues Laleu, Florence Médina, David Noir, Marie Notte, Jean-François Rey, Philippe Savoir, Any Tournayre.

 

Une métaphore du théâtre à travers l’évocation d’un radeau de la méduse fantasmagorique issu de l’imaginaire d’un artiste nourri à la fois de Dada, Deleuze et Disney.
Un renversement carnavalesque des lieux communs théâtraux pour évoquer des spectateurs trop souvent médusés par cet hypnotique et médiatique “parisianisme” qui décide de tout, au fréquent mépris de leurs désirs, de leurs émotions propres et dans une relative indifférence aux nécessaires différences.
Quand l’érotisme, la liberté, le désir joyeux se conjuguent en toute intelligence, les apparences morales et politiquement correctes du marketing culturel et des compromissions artistiques s’effondrent dans un fracas rieur, pour le plus grand
bonheur des spectateurs.
Adresse au public : la liberté et l’humour de la pièce transgressent de nombreux préjugés, dont ceux sur les jeux avec les corps. Terre ! présente les images d’un rapport ludique et joyeux à nos corps d’adultes et dénonce le puritanisme
hypocrite qui propage le voyeurisme et la pornographie. Toutefois, par respect pour les convictions esthétiques de chacun, nous tenons à préciser que les acteurs jouent en partie dénudés.

 
 
s u i v i   d e
 

La Spectatrice
TEXTE ET MISE EN SCÈNE JOËL DRAGUTIN
LUMIÈRES FABRICE BIHET
Avec Stéphanie Lanier


photo de répétition : Stéphanie Lanier
 

Le texte de la pièce a répondu à une commande faite à l’auteur par l’apostrophe scène nationale de Cergy-Pontoise, en 2003. Il a, depuis, été édité aux Éditions de l’Amandier.
“J’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé” (incipit de La Spectatrice). Soudain, nous assistons à son lever et à sa prise de parole. Elle, toujours assise, toujours silencieuse, toujours anonyme, se retrouve maintenant debout, en pleine lumière, au milieu du théâtre. La voilà en scène, investie des mots du théâtre. Et cette
femme, qui brûle du désir de l’art et qui maîtrise brillamment une langue chauffée à blanc par l’attente du plaisir esthétique, que nous dit-elle ?
Que le désir ne donne plus signe de vie, que le désir déserte trop souvent les scènes et aussi les salles, que les signes du désir s’évaporent dans un murmure inaudible.
Plutôt intelligente, plutôt raffinée, en quête de sensations rares, elle combat pour discerner encore, sous le clinquant et luxueux “packaging”, uniforme obligatoire du marché universel, le produit culturel courant de l’authentique chef-d’oeuvre.
Avec l’humour provocateur et la tendresse humaniste qui sont la griffe de son écriture libertaire et vivifiante, Joël Dragutin dresse ici le portrait de cette femme d’aujourd’hui, de cette spectatrice éponyme.


saison 2004 - 2005