theatre 95
 
 
   
 

Petits voyages au bout de la rue
théâtre - création du Théâtre 95

   
petits voyages   
 
 
 
de Joël Dragutin
mis en scène par l’auteur

 
du mardi 20 mars au samedi 7 avril 2007
Tous les soirs à 21h, dimanche 25 mars à 16h
relâches lundi et dimanche 1er avril

 
Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.
Marcel Proust


Sept personnages de la classe moyenne, quatre femmes et trois hommes, se réunissent pour constituer l’embryon d’une chorale de village ou de quartier, appelée peut-être à se développer, ou pas. Par ces moments réguliers qu’ils passent ensemble – et au cours desquels se révèlent leurs manques, leurs frustrations quotidiennes, leurs inconforts affectifs et sociaux –, par l’absence de pression, d’attente et d’enjeu qui caractérise cet espace librement choisi et inutile, par le chant aussi, qui les soulage de ce qu’ils ne parviennent pas à dire, ils réinventent les bases aussi bien de leur aptitude à désirer que de leur capacitéà écouter l’autre.
 

 
scénographie
MICHEL JAOUËN
costumes
FRÉDÉRIC REBUFFAT

lumière
CHRISTIAN PINAUD

assistante chant CHRISTINE DURAND assistant
à la mise en scène
LAURENT STACHNICK
régie
FABRICE BIHET
aidé de
GUILLAUME LESAGE
collaboration artistique
VALÉRIE BATTAGLIA
et  XAVIER MAUREL
 
avec
MAGID BOUALI
DIANE CALMA
KATIA DIMITROVA
MÉLODIE MARCQ
PATRICE PUJOL
MANESCA DE TERNAY
LOUIS DE VILLERS

 

 

«L’avenir
n’existe pas
quoique j’aille mieux.»
Francis Picabia

 

 

La première chanson du spectacle :
Si c'est vrai qu'il y a des gens qui s'aiment
Si les enfants sont tous les mêmes
Alors il faudra leur dire
C'est comme des parfums qu'on respire
Juste un regard
Facile à faire
Un peu plus d'amour que d'ordinaire
Francis Cabrel

 

 

 

Formule
dîner + spectacle

de 20€ à 28€  
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Atelier Théâtre
gratuit et ouvert à tous. Thème : l'identité de notre expression.
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Dossier de presse

 
Un très jeune homme, plutôt mutique et enfermé dans son monde, réfugié dans ses livres depuis un premier amour qui a tourné vinaigre. Pourquoi est-il là ? Sa différence d’âge avec les autres et une nostalgie dont il ignore l’objet se conjuguent pour le tenir un peu à l’écart du groupe, malgré les attentions plus ou moins adroites dont il est l’objet.
Une femme d’une quarantaine d’années, abandonnée depuis quelques années par un mari rencontré au cours d’un combat politique qui fut commun. Elle ne cesse de récriminer contre l’hypocrisie des hommes qui finissent toujours par révéler les pires contradictions entre leurs discours plus ou moins idéalistes et leurs aspirations réelles (beaucoup plus pragmatiques).
Une femme d’une trentaine d’années, issue de la très bonne bourgeoisie catholique, mariée à un homme d’affaires qui n’est jamais là. Elle n’a, au départ, aucune conscience de sa propre frustration et a gardé l’habitude de s’en tenir à des préceptes simples et établis.
Un beur d’une quarantaine d’années, qui a toute sa vie fait de gros efforts d’intégration, et qui, à l’occasion de l’agonie de sa mère, se sent privé des racines qu’il a voulu refouler.
Un homme plutôt « bobo » d’une cinquantaine d’années. Il a très bien vécu jusque-là, dans un milieu assez agité et superficiel (la publicité). Il prône maintenant avec la même surexcitation une sorte de retour vers des valeurs plus « authentiques » et se pose de grandes questions sans disposer des outils intellectuels pour y répondre.
La femme du précédent, ancienne pianiste russe qui a suivi ce providentiel mari vers les mirages de l’occident consumériste et qui s’angoisse aujourd’hui de voir son couple battre de l’aile, plus par peur de perdre son confort que par amour.
Une jeune femme d’une trentaine d’années, célibataire et très sensuelle, militante active de diverses associations humanitaires ou écologistes. Elle ne cesse d’exprimer ses sujets de révolte et de faire aux autres reproche de leur inaction et de leur indifférence, tout en étant régulièrement épuisée par sa propre gesticulation.

Ils ont tous en commun de chercher désespérément à saisir un réel dont ils ont le sentiment qu’il leur échappe chaque jour davantage.

 

Être chacun soi-même ensemble 

C’est l’histoire, non d’une prise de conscience, mais de ce qui la rendrait possible. C’est-àdire que les choses se passent au moins à deux niveaux, un niveau disons «réel», ou «apparent», et un autre, sous-jacent, où s’accomplissent des processus symboliques, portant sur le langage et sur la place même des individus par rapport au monde qui les entoure, aux autres et à eux-mêmes…
Ainsi, l’action, au sens classique, sera très discrète. Car ce qui se passe arrive très assourdi jusqu’au réel. C’est le théâtre qui prendra le relais de l’action, afin de donner à voir des effets qui, sans lui, pourraient presque passer inaperçus.
Il s’agit de montrer la situation et la trajectoire, au cours de séances collectives récurrentes s’étalant sur une période assez courte (de l’ordre d’une année par exemple), de personnages perplexes, tiraillés, éclatés entre des injonctions contradictoires émanant de la société, des médias, de leurs proches, de leur environnement professionnel ou de leur élans intérieurs.
Cela, et le malaise qu’ils en éprouvent, va les conduire à renoncer progressivement à leurs masques et à leurs certitudes, déjà ébranlés pour eux sans doute mais qui se manifestent encore parfois par des tics de langages, des conformismes de comportement et une impuissance à parler en leur nom propre. Au fur et à mesure de la vie de cette petite communauté, l’humour et l’écoute de l’autre venant par moment les aider à prendre de la distance, ils vont pouvoir se défaire un peu de ces carcans sociaux ou linguistiques, au risque parfois d’en passer par le silence, la prostration, la régression.
Pour rendre compte de ces données, l’écriture et la conception scénique de Petits voyages au bout de la rue seront elles-mêmes travaillées par le morcellement, le paradoxe, la contradiction entre les points de vue. Un découpage presque cinématographique, une alternance de séquences brèves et de scènes plus longues, de monologues aussi, comme les tentatives d’une confidence impossible.
La progression dramatique se situe elle-même aux deux niveaux évoqués plus haut, le premier révélant le second autant qu’il le cache. Le premier niveau, c’est celui de ce qui les occupe concrètement : le chant lui-même, ainsi que la gestion des répétitions, des horaires, de tous les aspects matériels de la vie de leur petit groupe (cotisations, pauses, répertoire…) et le contexte relationnel apparent. Le second niveau, c’est celui de l’évolution individuelle de chacun, de leur position personnelle au sein du groupe, de leurs retrouvailles avec eux-mêmes et avec le réel.
Le dialogue entre ces deux niveaux est par nature souterrain. Il se manifeste par des dérapages, des lapsus, des réactions décalées, des aveux involontaires, des demandes déplacées. Dans la mesure où l’enjeu dramatique véritable porte sur le second niveau, c’est lui qui dictera la structure et le déroulement de la pièce. Ainsi, la chronologie de la narration sera elle-même bouleversée au profit de la lisibilité dramatique et théâtrale de ce second niveau. De même une certaine alternance entre des scènes « réelles »,et des discours « imaginaires » (comme un «sous-texte» faisant irruption dans le dialogue, comme des déflagrations de langage au sein de l’action) fondera une dramaturgie non vraisemblable, mais vraie.



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 saison 2006/2007