Théâtre 95 de Cergy-Pontoise
 

Dialogues d'exilés

 

de Bertolt Brecht
CREATION
Mise en scène Joël Dragutin
Assisté de Marc-Henri Boisse

Texte français Gilbert Badia et Jean Baudrillard
Conseillers artistiques Valérie Battaglia, Pierre Corcos
Scénographie, costumes Claire Sternberg
Lumières Fabrice Bihet

Avec Emmanuel Depoix, Joël Dragutin


LES 13, 14, 18, 20, 21, 25, 27, 28 JANVIER,
LES 1ER, 3, 4 ET 5 FÉVRIER À 21H


Deux exilés, Kalle, l’ouvrier, et Ziffel, le physicien, se retrouvent au buffet de la gare d’Helsingfors pour parler, boire des bières, fumer, faire quelques pas, et discuter à perdre haleine! Tous deux avancent, entre humour et gravité, des considérations politiques très personnelles; tous deux retrouvent un sens à leur bannissement dans une parole ouverte et libre, dans une amitié issue de la reconnaissance, de l’altérité. Tous deux jubilent dans une passion commune pour le rejet de l’uniformisation et la pensée critique, de laquelle jaillissent, telles des étincelles, les idées qui nous stimulent toujours autant aujourd’hui.

 
“Car, paradoxalement, alors que partout la tolérance est érigée en valeur suprême, jamais ne se pose la question de l’intolérance au système lui-même et à ses effets, de l’intolérance au Bien et à l’excès du Bien.”
Jean Baudrillard (traducteur des Dialogues d’exilés),
Le Pacte de lucidité ou l’intelligence du Mal, Éd. Galilée, 2004

 


photo Jean Piard
 
Renouant avec la tradition des dialogues, Bertolt Brecht renvoie les personnages archétypaux dans les coulisses et, avec une modernité détonante, invente des rôles de théâtre dans toute leur complexité émotionnelle, intellectuelle et charnelle. De Roland Barthes à Bernard Dort, les Dialogues brechtiens sont
considérés comme un moment original dans le théâtre. Commencés en 1940, lors de son exil en Finlande alors qu’il est déchu de la nationalité allemande, et achevés par fragments en Amérique, les Dialogues se jouent sur un fond d’atrocités comme jamais, de mémoire d’homme, le monde n’en avait connues, et dans le basculement des nations civilisées vers la grande barbarie du 20e siècle.
Cette parole en mouvement, ces éclairs de lucidité et sursauts d’espoir ont interpellé l’équipe artistique du Théâtre 95. Joël Dragutin a donc choisi de porter à la scène ce grand classique contemporain d’une étonnante modernité, d’une confondante actualité, dans une dramaturgie et une scénographie simples et efficaces.

 

saison 2004 - 2005