Théâtre 95 de Cergy-Pontoise

 

REVUE DE PRESSE

 

 

 

 

 

«Toutes les hauteurs s’effondrent peu à peu entraînées qu’elles sont dans la vaste opération de neutralisation et de banalisation sociales. Seule la sphère privée semble sortir victorieuse de ce raz-de-marée apathique. Veiller à sa santé, préserver sa situation
matérielle, se débarrasser de ses complexes, attendre les vacances: vivre sans idéal, sans but transcendant, est devenu désormais possible.»
Gilles Lipovetsky (L’Ere du vide)

 

 

 

 

pdf
Télécharger le dossier de presse en pdf

télécharger acrobat reader - gratuit

 

 

 

 

 

 

 

 

en coproduction avec Thécif- Ile de France

Grande Vacance
texte et mise en scène de Joël DRAGUTIN
 

affiche Grande Vacance  


> du 11 MARS au 3 AVRIL 2004
du mardi au samedi à 21h sauf dimanche et lundi. Relâche exceptionnelle mardi 16 mars

Neuf personnages, neuf destinées proches des nôtres. Ils faisaient tous beaucoup d'efforts pour être le plus heureux possible. Ils travaillaient dur pour s'offrir tout ce qui était nécessaire à leur bonheur! Ils organisaient plein de fêtes et essayaient de partir souvent en vacances, parce qu'ils avaient tous la même exigence: une vie, simple, juste et belle. Et que rien de mauvais ne puisse plus leur arriver. D'ailleurs, ils étaient tous bien alimentés, bien distraits, bien informés, bien soignés, bien gérés. C'était la fin des empêcheurs de vivre et de penser en rond, la fin des complications.
Alors pourquoi tout est-il devenu si difficile pour eux? Pourquoi ces grandes vacances qu'ils ont voulues perpétuelles se transforment-elles en Grande Vacance éternelle?
La catastrophe imminente leur fait peur, les angoisse. Mais si, par miracle, elle les épargnait tous, ne deviendrait-elle pas providentielle? Ne remettrait-elle pas enfin tous les compteurs à zéro? Ce pourrait être le commencement d'une autre Histoire, la perspective d'un autre destin….
Cette prospective théâtrale, stimulera peut-être votre désir d'affronter les intempéries de toutes natures et d'interroger d'autres possibles.



avec
Hélène Arnault Thomas Condemine Sarah Cottereau Christine Cullerier Gwenola De Luze Emmanuel Depoix Katia Dimitrova Stéphane Olivié Bisson Patrice Pujol • et La petite fille

 

Assistante à la mise en scène Geneviève Rosset • Conseillers artistiques Valérie Battaglia, Pierre Corcos • Scénographie Charles-Edouard Maisonabe • Coaching corporel et gestuel Fabrizzio Pazzaglia • Costumes Claire Sternberg • Réalisation vidéo Denis Rochart • Réalisation sonore Pierre Margot • Lumières Yannick Ferret • Coordination technique / Régie Lumières Fabrice Bihet • Régie Son Julian Dagorno • Régie plateau Magali Perrin-Toinin • Assistantes-stagiaires: Cécile GAVLAK, Janette SOULARU • Construction du décor Ateliers Jipanco.
 

 

grande vacance  

Une mise en scène du désir
Porter sur la scène nos mythologies contemporaines, celles qui se manifestent aussi bien dans les publicités que dans les «langues de bois» politiques ou commerciales, celles qui confortent les illusions sur la «réussite» et surtout celles qui nous figent dans le confort biologique, a constitué le sens permanent de mon travail d’auteur de théâtre, depuis La Baie de Naples. Et si la scène est un révélateur, une loupe grossissante qui rend visible ce qui était vécu dans l’opacité de l’évidence, elle est aussi un accélérateur métaphorique libérant de formidables énergies transformatrices et émancipatrices: ce mouvement pendulaire incessant entre le dévoilement «hic et nunc» et l'invitation au voyage me passionne.
En éclairant ainsi les pouvoirs mystificateurs qui nous agitent et nous hantent, il m'a semblé, d’une pièce à l’autre, que l’obsession permanente de notre temps était le Bonheur, non pas recherché par les voies de la réflexion et de la sagesse, mais éperdument convoité par celles de la consommation. Mais parallèlement, je constatais bien, à travers ma vie, mes lectures et de nombreux témoignages, que ce modèle du Bonheur, continuellement ressassé, ne fonctionnait pas. Que ceux qui le recherchaient le plus étaient également les plus insatisfaits, malheureux, déprimés. Je constatais une baisse d’entrain, de désir même, dans les classes moyennes occidentales, comme si l’euphorie qui accompagnait les «Trente Glorieuses» était en panne désormais. Et l’idée d’une pièce qui interroge ce déclin du désir s’est peu à peu imposée à moi. J’ai confronté mes réflexions d’auteur à celles d'intellectuels que nous avons invités lors de conférences-débats au Théâtre 95 (Daniel Sibony, Bernard Stiegler, Edgar Morin, Pierre Dupuy, Pascal Bruckner…).
Il m’est apparu que, si le théâtre parle souvent, et à juste titre, des fractures et des détresses de l’existence, il peut toutefois trouver dans les mythes du bonheur, dont se pare une civilisation, un angle d'attaque stratégique pour comprendre les croyances, idéologies et symbolisations d’une époque. La mythologie d’un consumérisme radieux s’est largement imposée en Occident et, par la mondialisation des échanges, se diffuse à la planète entière: l’enjeu est d’importance! Et si ce modèle de développement sans fin, sans limites, était une erreur, une option insoutenable, une course vers la catastrophe?
Grande Vacance, parle de la vacuité au cœur de l’abondance, d’un «malaise dans la civilisation» qui se creuse. Un monde qui s’achève sans avoir trouvé encore de contre-modèle alternatif, avec le chaos qui s’en suit.
«L’ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour; dans cet inter-règne surgit une grande diversité de symptômes morbides», écrivait Gramsci.
    Joël Dragutin

 


REVUE DE PRESSE
 
Le dramaturge Joël Dragutin réveille les antihéros de la middle class de leurs rêves de bonheur formaté. Tendre et percutant. (…) Parachutés dans un futur proche, les antihéros de la middle class enchaînent fête sur fête et se transforment en hérauts de la France médiane, sous la plume de Joël Dragutin, dramaturge pourfendeur des mythologies contemporaines. On les avait fait saliver sur un bonheur en Technicolor, simple comme une pub Ricorée, et ils avaient succombé à l'euphorie du consommateur-payeur. (…) Conglomérats de solitudes pris dans une suite de sauteries formatées, qui attendraient presque la catastrophe, pour réesquisser des utopies collectives. (…) Télérama - Lire l'article
Qui dira le chagrin des classes moyennes ? Joël Dragutin, qu'on retrouve si volontiers avec Grande Vacance. (…) L'auteur, qui met en scène, réaffirme, au fil des dialogues coupants, son inlassable appétit de dénonciation d'une idéologie consumériste au bord de l'implosion. (…) L'œuvre, âprement chorale, signifie à l'emporte-pièce que la fête va finir, et quel sens cela a de vivre ainsi sans plus rien à désirer, sinon une paire de souliers de chez Prada ? Il tape fort Dragutin. Le miroir qu'il tend a vocation cathartique. L'Humanité - Lire l'article
Conditionnés pour penser que le progrès est synonyme de bonheur et que rien ne peut leur arriver dans ce monde plein de richesses, ils jouent le jeu, dansent, rient, s'amusent. Et pourtant… La pièce démarre et le doute s'installe. Nos neuf personnages vont certes de fêtes en fêtes, mais aussi de doutes en doutes. (…) Avec, heureusement, beaucoup d'humour, Joël Dragutin nous bouscule. On reçoit son propos comme une claque dans la figure. On rit aussi de notre ridicule. On en sort enfin en se disant qu'il faut vraiment qu'on fasse quelque chose avant que cela ne se termine mal, très mal. Le Parisien - Lire l'article

Ils ne sont pas si fréquents les spectacles qui scrutent nos mythologies contemporaines. Depuis le franc succès de La Baie de Naples, en 1985, Joël Dragutin a un nez de chien truffier pour les bons sujets de théâtre. Géographe hors pair de cette époque bouffie de marketing et de rentabilité, il envoie dans le décor neuf individus en " vacance " de désirs, de projets collectifs et d'utopies (…). Le Directeur du Théâtre 95 étale le spectacle du vide et de la solitude en sept scènes judicieusement agencées. Tout sonne juste dans cette parenthèse désenchantée : le décor, la musique et la mise en scène servie par des acteurs épatants (…). Une pièce sur le désir et le devenir qui laisse le spectateur heureux et pantelant face à lui-même. A nous Paris - Lire l'article

Les mythes du bonheur de notre civilisation constituent un fantastique sujet de théâtre, chaque personnage ressent une distance à un moment ou un autre, avec le " concensus festif ". Comme nous tous, ils parlent d'amour, de désir, d'espoir, mais tout cela semble se dissoudre dès qu'ils s'en emparent. (…) Une pièce, où pointe la tendresse et la drôlerie... La Terrasse

 



Enseignants, animateurs, relais du théâtre…

"Ateliers du désir": initiation théâtrale autour des thèmes de Grande Vacance dans votre établissement, association. (durée 2h, groupe de 30 personnes maximum), animée par Véronique Ataly et Brigitte Barilley, comédiennes. Avec l'aide de la politique de la ville. Renseignements, réservations: Service des relations avec le public: 01 34 20 11 03

 

saison 2003 - 2004