Philoctète

Philoctète

L’AUTEUR
Figure emblématique de la scène théâtrale européenne de la seconde moitié du XXème siècle, Heiner MÜLLER a construit son oeuvre dramatique sur les ruines de l’après-guerre. Le théâtre de Müller est majoritairement constitué de réécritures d'anciens mythes. Le dramaturge établit ce qu'il appelle un "dialogue avec les morts", notamment avec Sophocle, Euripide, Shakespeare ou encore Laclos. Il pose la question de l’homme confronté à la mort à travers des métaphores empruntées à la guerre, à l’érotisme et à la maladie.

LE METTEUR EN SCÈNE
Après des études à Strasbourg, Elizabeth MARIE mène des recherches personnelles en photographie et en écriture sonore. Elle développe aussi des outils de création au carrefour de la radio, du théâtre et du cinéma. En 1979, elle fonde la Compagnie Scarface ensemble avec Bernard Bloch et Ismaïl Safouan. Avec Bernard Bloch jusqu’en 1994, puis seule initiatrice, elle réalise des spectacles qui lient recherche musicale et théâtrale et posent des questions de société : Fassbinder, Alloula, Godard, Perec, Platon, Shakespeare, Ibsen, Dostoïevski…

Le « Carreau » de Cergy,
jeudi 10 mars, 20h30

De Heiner Müller
Mise en scène Elizabeth Marie

Le guerrier Philoctète a été abandonné sur l'île de Lemnos par Ulysse parce qu'il souffre d'une blessure purulente au pied et hurle sans cesse. Mais le devin troyen Hélénos, fait prisonnier par les achéens, révèle que sans les flèches d'Héraclès que détient Philoctète, ils ne pourront prendre Troie. Ulysse choisit le fils d'Achille, Néoptolème, pour récupérer les armes. Mais Philoctète demeure intraitable dans sa grandeur tragique.

« La plaie de Philoctète peut être utilisée comme arme, car le pied désigne le trou dans le filet, la faille dans le système, l’espace de liberté entre l’animal et la machine – sans cesse menacé et sans cesse à reconquérir – où point l’utopie d’une communauté humaine. »

Heiner Müller

 

Il y faut de la chair, ce n’est pas une matière abstraite et l’éclaircissement viendra du « dire ». Ce n’est pas aussi énigmatique que dans la lecture silencieuse, il s’agit bien de parole, les trois personnages ont une même importance, des façons radicales d’être au monde. Ou pour reprendre Jean-Pierre Vernant : « Comment un groupe humain, attaché à sa permanence et son identité, aborde-t-il le problème de l’Autre, sous ses différentes formes, depuis l’homme autre, différent de soi, jusqu’à l’autre de l’homme, l’absolument autre, ce qu’on est impuissant à dire et à penser, qu’on l’appelle mort, néant ou chaos ? »

Elizabeth Marie

 

Le spectacle et la presse
« Ce texte profond et riche de lyrisme et de subtilité est incarné par des comédiens qui se complètent parfaitement pour nous plonger dans cette pièce-monde qui s'installe progressivement et durablement dans les mémoires comme une percée vers le drame universel. »
Sandrine Gaillard, Froggy’s Delight, mars 2009



“Le danseur n'a-t-il pas ses oreilles dans ses orteils !” Friedrich Nietzsche