Les Femmes savantes

George Sand par DelacroixLE METTEUR EN SCÈNE
Marie MONTEGANI
Formée à l'École du TNS, Marie Montegani joue sous la direction de divers metteurs en scène, dont Jean- Marie Villégier et Jean-Louis Hourdin. En 1998, elle réalise sa première création : Andromaque de Racine et crée sa propre Compagnie. Elle enchaîne alors les mises en scène et, en 2007, inaugure l’International Visual Theatre en signant l’adaptation et la mise en scène de K. Lear, spectacle mêlant langue des signes et langue parlée, invité d’honneur à Taïwan en 2009. Puis ce fut Le Cid, créé à Bruges, où elle rassemble de jeunes acteurs. Par ailleurs, elle poursuit sa carrière de comédienne et enseigne le théâtre.

Du mardi 5 au samedi 23 octobre 21h
(19h30 le jeudi)

De MOLIÈRE
Mise en scène Marie MONTEGANI

Henriette et Clitandre sont amants. Pour se marier, ils doivent obtenir le soutien de la famille de la jeune fille. Chrysale, le père, et Ariste, l’oncle, sont favorables à leur mariage mais Philaminte, la mère, soutenue par Armande et Bélise, s’y oppose fermement. Elle lui préfère Trissotin, un faux savant aux dents longues qui se joue des « femmes savantes »…

 

Les Femmes Savantes reprend un schéma familial que Molière connaît bien mais qui, pour la première fois, met à la tête d’une famille écartelée une femme, Philaminte. Au centre de ses préoccupations, la philosophie. Voilà qui est nouveau, voilà qui est un signe des temps. Molière renverse les codes sociaux. Les femmes s’inventent... Philaminte, Armande et Bélise, éprises de savoir, se montrent en avance sur leur temps. Elles rêvent d’un nouvel ordre culturel et social, elles veulent créer une Académie où la physique, l’histoire, la politique,l eur seraient enfin accessibles. En s’élevant par l’esprit, elles récusent l’image de la femme-objet et de la femme domestique. Elles démontrent que dans une société qui est avant tout culturelle, c’est par la culture qu’elles pourront changer le rapport de force. Mais la grandeur de Molière est de nous interroger sans oublier de nous faire rire. Ainsi les femmes savantes sont en extase devant Trissotin, véritable Tartuffe littéraire, parce qu’il sait le latin, et les principes philosophiques de Descartes deviennent chez elles des zones érogènes. L’amour de la science et de la philosophie finit par exclure celui qu’elles pourraient donner et recevoir. Le refoulement de la dimension du corps et du sexe va jusqu’à provoquer chez elles une résurgence de leurs pulsions sous forme de névrose. Mais si Molière s’amuse des femmes savantes avec une certaine tendresse, il se montre féroce envers les hommes, les pédants, mondains et autres. Molière visionnaire, vient interpeller à plusieurs siècles de distance la femme que je suis. Il me permet d’aborder de façon critique des fonctionnements sociaux qui tendent à perpétuer le modèle courtisan. Il ravive en moi l’urgence de ce combat que les femmes doivent continuer de mener pour tendre vers une égalité.

Marie Montegani



“ Pour certains la culture est une boucle d’oreille. Pour d’autres, c’est une oreille.” Jean-Claude Carrière