Dom Juan

Dom Juan

L’AUTEUR
Jean-Baptiste Poquelin dit Molière est acteur, dramaturge, metteur en scène, directeur de troupe tout à la fois. Impitoyable pour le pédantisme des faux savants, le mensonge des médecins ignorants, la prétention des bourgeois enrichis, Molière est avant tout un auteur comique. Il fait donc sienne la devise Castigat ridendo mores : en riant, elle (la comédie) châtie les moeurs. Considéré comme l'âme de la Comédie-Française, il en est toujours l'auteur le plus joué.

LE METTEUR EN SCÈNE
Pendant une dizaine d’années et ce jusqu’en 1992, Marc SUSSI est administrateur et assistant metteur en scène d’artistes tels que Bruno Bayen, Michel Deutsch ou Antoine Vitez. Il réalise également un documentaire et des courts métrages : Jo avec Dominique Blanc et Jean-Quentin Chatelain ; La nuit transfigurée avec Sylvie Orcier. Il est ensuite directeur adjoint du Théâtre de la Bastille avant de devenir, en 2000, le directeur du Jeune Théâtre National.

Du mardi 7 au samedi 11 décembre 21 h
(19h30 le jeudi)

De Molière
Mise en scène Marc Sussi

Dom Juan est à la fois en fuite et en chasse. Il vient d’abandonner la dernière de ses épouses, Elvire, qu’il avait pourtant difficilement enlevée de son couvent. C’est que seule la conquête l’intéresse. Mais à peine libre de cavaler à nouveau, Elvire survient, qui lui demande des comptes…

L’envie de monter cette pièce, maintenant, est venue d’une nécessité : celle de raconter l’histoire d’un homme qui rêve de vivre sa vie sans avoir de comptes à rendre à la mort. Dom Juan refuse la grammaire. Il refuse de découper le temps en passé, présent, futur. Il pose le temps du "Désir", le temps de l’éternel présent, comme principe absolu de son mode de vie. Il a le courage de son désir, le courage de transgresser et de dénoncer les règles morales édictées, au nom d’une vie après la mort, par un pouvoir religieux hypocrite. Sa leçon est toujours bonne à entendre, à l’heure où nous vivons un « retour du religieux ».

 

Cette apologie du désir, qui n’est pas sans faire écho à l’apologie contemporaine de la consommation – Molière avait de l’avance ! – peut cependant facilement se renverser. C’est toute la beauté de la pièce. Dom Juan, en l’absence d’alternative politique, tourne en rond et se condamne à fantasmer sa propre mort avec un commandeur qui n’est, au fond, que son propre miroir.

 

La pièce sera adaptée, les rôles des frères d’Elvire seront coupés pour resserrer la pièce autour de ce « drôle » de fantasme de Dom Juan : défier Dieu en se servant des femmes, et inversement. Car, la question se pose, de la pertinence de dénoncer une morale conservatrice, si cette dénonciation a pour corollaire une apologie de la misogynie.

 

Marc Sussi, mai 2010



“La séduction représente la maîtrise de l'univers symbolique, alors que le pouvoir ne représente que la maîtrise de l'univers réel.” Jean Baudrillard