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jeudi 8, vendredi 9
et samedi 10 à
21h
mardi 13 à 14h30 et 21h
mercredi 14 à 21h
jeudi 15 à 14h30 et 19h30
vendredi 16 à 14h30 et 21h
samedi 17 à 21h
dimanche 18 à 16h
mardi 20 à 14h30 et 21h
mercredi 21 à 21h
jeudi 22 à 14h30 et 19h30
vendredi 23 à 14h30 et 21h
samedi 24 à 21h

À PARTIR DE 13 ANS
/ Avec

Jérémie Bédrune

Anne Bouvier

Philippe Calvario

Éric Guého

Julie Harnois

et Kevin Lelannier

/ Mise en scène

Philippe Calvario

/ Lumières

Nicolas Marie

/ Scénographie

Aurélie Maestre

/ Production

Compagnie Philippe
Calvario

La Compagnie Philippe Calvario est conventionnée par la Drac Île-de-France. Avec la participation artistique du Jeune théâtre national

picto coproduction 95

Le jeu de l'amour et du hasard

du jeudi 8 au samedi 24 octobre 2009

De Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux
Mise en scène de Philippe Calvario

Dorante et Silvia ont été promis l’un à l’autre par leurs parents. Le jour de leur première rencontre, désirant étudier le comportement de l’autre, ils troquent leurs vêtements contre ceux de leurs domestiques. Le coup de foudre est immédiat mais Dorante et Silvia, se méprenant sur la véritable condition de l’autre, doivent lutter contre leur éducation et leurs préjugés pour s’avouer leur amour.

 

Cette comédie aux dialogues étincelants devient une peinture de l’amour délicate et légèrement ironique. L’intrigue repose sur la surprise de l’amour et la conquête des coeurs par l’amour, car l’obstacle à l’amour ne vient jamais de l’extérieur, mais de l’amour-propre des personnages. Un égo bousculé par les petits préjugés, malentendus, quiproquos où les jeunes héros refusent souvent de s’avouer leurs propres sentiments; une analyse spirituelle, fine de la fantaisie et de la sincérité du jeu de l’amour: c’est probablement ce qui fait que cette pièce de Marivaux nous semble si contemporaine, si proche de nos préoccupations amoureuses actuelles…

 

«Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour.» Du jeu de rôle au jeu de massacre. Les maîtres et les valets échangent leur rôle pour tester le coeur de l’autre. Ironie du sort, les deux couples font de même et chacun se trouve en face de sa chacune sans le savoir, le jeu de «massacre amoureux» peut commencer. Si cette pièce nous joue la comédie, c’est toujours au prix de la souffrance des quatre personnages principaux. Ils se débattent dans un monde où leurs propres sentiments leur échappent peu à peu. Marivaux mêle sans cesse, dans le langage amoureux, la légèreté et la gravité. Lorsqu’un personnage est surpris par l’amour, son discours rend compte du bonheur qui l’envahit et dans le même temps de la crainte qui naît alors de ce sentiment encore inconnu. C’est à cette quête absolue vers la vérité des sentiments que nous assistons, impuissants. Le spectateur sait tout à l’avance et en ce sens son regard devient celui du voyeur. La loi du désir. Ici, il faut aimer celui qu’on doit et ne pasaimer celui qu’on croit. Il faut donc vivre son désir interdit dans un monde où la valeur des sentiments est dictée par la loi. Marivaux a sans aucun doute le désir que les femmes aient une place plus grande et qu’elles cessent d’être dépendantes des hommes, objets de leur père, de leur frère, puis de leur mari. Le personnage de Silvia témoigne de cette indépendance: elle revendique le droit d’épouser un homme par amour.

Est-ce un territoire si éloigné du nôtre aujourd’hui ? Je ne pense pas: devoir se battre pour faire exister son désir, pouvoir tout détruire pour lui. L’atteindre enfin, le vivre et dire “ce qui m’enchante le plus, ce sont les preuves que je vous ai données de ma tendresse”».
Philippe Calvario


L'AUTEUR

Après l’échec de sa première pièce Annibal, tragédie en vers écrite en 1720, Pierre de Marivaux écrit pour la Comédie-Italienne une vingtaine de comédies en prose dont La Double Inconstance (1723) et Le Jeu de l’amour et du hasard (1730), ses deux pièces les plus célèbres. Dans les salons qu’il fréquente régulièrement, Marivaux puise son inspiration, observe, pour mieux les disséquer dans son théâtre, les méandres des sentiments que les préjugés et apparences de la vie sociale imposent. Depuis Théophile Gautier qui décela, derrière son apparente légèreté, la profondeur du théâtre de Marivaux, son succès est allé croissant, faisant de lui, avec Voltaire, l’auteur du XVIIIe siècle le plus joué.

 

 

LE METTEUR EN SCÈNE

Philippe Calvario Il a suivi sa formation d’acteur au cours Florent. Il fonde en 1996 sa compagnie avec laquelle il produit et met en scène douze spectacles en dix ans, parmi lesquels, au Théâtre de Nanterre-Amandiers, Richard III de Shakespeare en 2005 avec Philippe Torreton, Électre de Sophocle en 2006 avec Jane Birkin et Roberto Zucco avec Xavier Gallais. Au Théâtre 95, il a mis en scène Parasites de Marius von Mayenburg. Il est artiste associé au Quartz/Scène nationale de Brest, depuis 2005. Actuellement, il se tourne vers le cinéma, et vient de terminer l’écriture d’un long métrage, Un garçon d’Italie. En 2009, il crée deux opéras : Iphigénie en Tauride au Staatsoper de Hambourg et Beljazar à l’Opera House de Halle.



❝ L’humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre. ❞ Walter Benjamin