Antoine Grumbach
mercredi 17 mars 2010 à 21h
Conférence «Paris – Londres – Rotterdam :
une mégapole européenne»
Né à Oran en 1942, grand prix national, d’urbanisme 1992, Antoine Grumbach est l’un de ceux qui, en France a le plus milité pour le retour à la ville. Une pensée de la ville qui ne se résume pas par l’addition d’éléments architecturaux mais relève d’une construction en perpétuel inachèvement faite de sutures, d’émergences de l’histoire, de rapports sociaux. Cette pensée de la sédimentation, s’inscrit dans le mouvement de la sociologie urbaine très présent à la fin des années 60. En quelque sorte, il s’agit d’opposer l’École des Beaux-Arts qui ne comprend la ville que par rapport à son dessin à une prise en compte globale de la forme urbaine par sa pratique et la combinaison de ses implications sociales, économiques.
Dès son diplôme pour Montmorency (1967) où il propose un réseau d’équipements publics dispersés dans la ville et prend en compte les diverses composantes urbaines ou lors de projet pour le quartier des Halles, où il imagine de développer des activités éphémères capable d’enraciner le nouveau quartier dans une histoire plus vaste, il pose le problème de la constitution de la ville par une somme d’interventions mineures. C’est ici que se situe son opposition au mouvement moderne qui impose un modèle achevé, «les maisons blanches», une culture de la fondation. La ville relève, elle, d’opérations impures, de transformations, d’additions, d’inversions, somme toute d’une culture de la négociation. Il cite souvent les collages de Kurt Schwitters qui, partant d’éléments d’origine différentes par leur mise en situation, créent par transcendance un nouvel objet doué de sens. Le problème du sens est au coeur de sa pratique. En effet, enseignant dès 1969 à l’Université de Vincennes puis à l’École d’Architecture Paris-La Villette, cela lui donne l’occasion d’aborder l’acte architectural suivant son axiome «Écrire, Griffurer, Regarder, Bâtir». L’architectese doit d’être un philosophe à l’écoute du réel au risque de devenir un simple figurateur. Le problème de l’histoire et de l’enracinement est abordé en collaboration avec Christian de Portzamparc, pour «Le Cours de Val-Mabuée» (1969-78) à Marne-la-Vallée où il s’agit de constituer une histoire à ce lieu vierge par sa maîtrise de l’espace public et sa ponctuation par des éléments forts (château d’eau, digue). Cette recherche fondamentale trouve son aboutissement dans l’aménagement du secteur «Mares et Cascades» (Paris XXe). À partir de 1980, la thématique de l’émergence de l’histoire et l’éclatement d’équipements institutionnels est formalisé (Hôtel de Région Poitou-Charentes, DDE de Poitiers, Musée archéologique d’Arles). Les années 1990 voient le développement d’études de restructuration urbaines qui profitent de sa double pratique d’analyse et de constructeur. Ainsi, les projets pour Marseille Méditerranée ou le plan d’aménagement de l’université de Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, voient le jour. Enfin avec son équipe «Antoine Grumbach & associés», il a proposé à Nicolas Sarkozy un projet sur le Grand Paris, qui déploie Paris jusqu’au Havre.
Charges actuelles
Professeur à l’École d’Architecture de Paris-Belleville, Directeur Département Villes et territoires, Directeur Urbaniste Conseil ANRU, Membre du «Bath Regenaration Panel» (Grande-Bretagne)
Exercice Professionnel
APUR, TETA aménagement urbain, Société d’études et de recherches, Exercice Liberal, Création de l’agence d’architecture et urbanisme Antoine Grumbach & associés
