TOUT PUBLIC
/ Avec
Dgiz : slam / poésie
slam (improvisée,
ou sur textes). L’un
des meilleurs slameurs
improvisateurs de
l’époque, avec une fibre
nette d’acteur
Capitaine Slam : slam /
poésie. Quand le slam
prend en français les
intonations de la langue
d’oc. Par un slameur
grand connaisseur de
la langue de Novarina
/ Textes
de Valère
Novarina, Dgiz,
et Capitaine Slam
/ Musique
Antoine Girard

Dans le cadre du programme
Musiques Orales et improvisées
/ Coproduction
l’Arsenal de Metz,
la Maison de la Poésie,
la ville de Gonesse
À quel dieu parles-tu ?
Du slam à Novarina - en coproduction avec la Fondation Royaumont
lundi 16 novembre 2009 à 21h
au Café de la Plage
«Incongruité, l’étrange fantaisie qui pousse à rapprocher le slam de Valère Novarina ? Et pourtant. Au delà des catégories artistiques et littéraires bien cadenassées, pour qui est familier de la langue de Novarina et de la langue de Dgiz, pas de doute : c’est le souffle qui porte la langue, c’est une rythmique organique qui en modèle les périodes oratoires, l’expir et le pouls qui en sont la fabrique la plus enfouie en nous.
Et encore : le son de la langue. Le sens du son, qui bouscule le sens du signe. La profération sonore, qui met sens dessus dessous les alphabets. Novarina, comme Dgiz, chacun à sa manière, se retrouvent dans le son de la langue, dans ces oraisons d’analphabètes auxquelles Novarina arrive en remettant en jeu toute sa vaste culture, et auxquelles Dgiz arrive à partir d’une recherche de cette langue qui ne lui a pas été donnée prête à l’emploi dès le départ. Dgiz n’avait pas lu Novarina. Mais ses extraordinaires jaillissements verbaux rythmiques, modelés à l’origine par le flow du rap et évoluant vers une poésie libre, empruntent souvent à des figures que Novarina affectionne : la liste, l’énumération, la transformation parodique des références littéraires ou religieuses, comme la prophétie, le proverbe, ou l’action ; et surtout, peut-être, le goût de la nomination, pouvoir démiurgique de création par le nom d’êtres fictionnels. En découlent chez l’un comme l’autre d’autres conséquences : la satire sociale et la critique des pouvoirs, ou la recherche d’un sacré sans appartenance.
Capitaine Slam, c’est une autre histoire, qui naît ici encore du son de la langue : car voici que le français toulousain mâtiné de langue d’oc de Capitaine Slam s’élance avec un autre rythme. La réminiscence qui pointe ici n’est pas celle des intonations du rap des banlieues (qui porte dans ses inflexions les hauteurs musicales de l’arabe maghrébin ou du verlan), mais celle de l’empreinte de la langue d’oc, celle de Fabulous Trobadors et de Nougaro, qui renvoie elle-même à la trame musicale commune des langues romanes. Capitaine Slam écrit ses textes, mais lui aussi sait les proférer, les éructer ou les dire en retrouvant le souffle. Il s’est assimilé à l’extrême la langue de Novarina, qu’il a décortiquée en exégète averti jusqu’à plus soif — et il va maintenant devoir s’en détacher. Alors, faut-il pour autant se permettre un rapprochement entre le slameur-poète-acteur-improvisateur ex-rappeur, le slameur occitano–novarinien et l’auteur-entré-de-son-vivant-au-répertoire-de-la-Comédie-Française ? Et que faites-vous donc du différentiel de notoriété ? C’est bien la question que Royaumont leur pose. Que la communauté de souffle et de verbe qui les relie par de là les barrières culturelles et sociales, puisse aboutir à une authentique création, tout l’enjeu de À quel dieu parles-tu? est là.» Frédéric Deval
Valère Novarina est auteur, metteur en scène, dessinateur et peintre. À Paris il étudie la philosophie et la littérature et fait la rencontre de Jean-Noël Vuarnet, qui l’aida à publier son premier roman chez Christian Bourgeois. En 1974, sa première pièce, L’Atelier volant, est mise en scène par Jean-Pierre Sarrazac. En 1976, pour le Théâtre National de Marseille, il réalise Falstafe. Outre l’écriture, Valère Novarina met en scène ses pièces et réalise deux émissions pour l’Atelier de création radiophonique de France Culture. Il dessine et peint, et réalise plusieurs performances.
