Grande vacance - extraits de presse
Le dramaturge Joël Dragutin réveille les antihéros de la middle class de leurs rêves de bonheur formaté. Tendre et percutant. (…) Parachutés dans un futur proche, les antihéros de la middle class enchaînent fête sur fête et se transforment en hérauts de la France médiane, sous la plume de Joël Dragutin, dramaturge pourfendeur des mythologies contemporaines. On les avait fait saliver sur un bonheur en Technicolor, simple comme une pub Ricorée, et ils avaient succombé à l’euphorie du consommateur-payeur. (…) Conglomérats de solitudes pris dans une suite de sauteries formatées, qui attendraient presque la catastrophe, pour réesquisser des utopies collectives. (…)
Télérama
Qui dira le chagrin des classes moyennes ? Joël Dragutin, qu’on retrouve si volontiers avec Grande Vacance. (…) L’auteur, qui met en scène, réaffirme, au fil des dialogues coupants, son inlassable appétit de dénonciation d’une idéologie consumériste au bord de l’implosion. (…) L’œuvre, âprement chorale, signifie à l’emporte-pièce que la fête va finir, et quel sens cela a de vivre ainsi sans plus rien à désirer, sinon une paire de souliers de chez Prada ? Il tape fort Dragutin. Le miroir qu’il tend a vocation cathartique.
L’Humanité
Conditionnés pour penser que le progrès est synonyme de bonheur et que rien ne peut leur arriver dans ce monde plein de richesses, ils jouent le jeu, dansent, rient, s’amusent. Et pourtant… La pièce démarre et le doute s’installe. Nos neuf personnages vont certes de fêtes en fêtes, mais aussi de doutes en doutes. (…) Avec, heureusement, beaucoup d’humour, Joël Dragutin nous bouscule. On reçoit son propos comme une claque dans la figure. On rit aussi de notre ridicule. On en sort enfin en se disant qu’il faut vraiment qu’on fasse quelque chose avant que cela ne se termine mal, très mal.
Le Parisien
Ils ne sont pas si fréquents les spectacles qui scrutent nos mythologies contemporaines. Depuis le franc succès de La Baie de Naples, en 1985, Joël Dragutin a un nez de chien truffier pour les bons sujets de théâtre. Géographe hors pair de cette époque bouffie de marketing et de rentabilité, il envoie dans le décor neuf individus en " vacance " de désirs, de projets collectifs et d’utopies (…). Le Directeur du Théâtre 95 étale le spectacle du vide et de la solitude en sept scènes judicieusement agencées. Tout sonne juste dans cette parenthèse désenchantée : le décor, la musique et la mise en scène servie par des acteurs épatants (…). Une pièce sur le désir et le devenir qui laisse le spectateur heureux et pantelant face à lui-même.
A nous Paris
Les mythes du bonheur de notre civilisation constituent un fantastique sujet de théâtre, chaque personnage ressent une distance à un moment ou un autre, avec le " concensus festif ". Comme nous tous, ils parlent d’amour, de désir, d’espoir, mais tout cela semble se dissoudre dès qu’ils s’en emparent. (…) Une pièce, où pointe la tendresse et la drôlerie...
La Terrasse

