théâtre 95direction Joël Dragutin


Voilà
théâtre - 13 > 17 mai
du mardi 13 mai
au samedi 17 mai

mardi 13 21h00
mercredi 14 21h00
jeudi 15 21h00
vendredi 16 21h00
samedi 17 21h00

avec
Hélène Foubert
Florence Giorgetti
Nicolas Maury
Émilien Tessier
collaboration artistique
Robert Cantarella
scénographie et lumière
Laurent P. Berger
costumes rêvés par
Florence Giorgetti
son, musique et chansons
Reno Isaac

Ah ! Que la vie est quotidienne !
Jules Laforgue

production Comédie de Reims/C.D.N., Théâtre 95, Théâtre du Rond-Point
commande d’écriture du Théâtre du Rond-Point

Texte à paraître aux éditions de l’Arche.

CROISEMENT AVEC
L’aPOSTROPHE

photo Marie-Pia Bureau

de Philippe Minyana
mise en scène Florence Giorgetti

« Philippe Minyana traque l’étrangeté dans la banalité du quotidien », lisait-on en février 2006 dans Le Monde, à propos de la création à la Comédie-Française de sa pièce La Maison des morts. « Faire du théâtre, raconter une vieille légende alors que le monde flambe, que le siècle chavire », écrivaitil en mars 1995 dans les regrettés Cahiers de Prospero. Tout Minyana est peut-être entre ces deux phrases : son oeuvre entière dessine l’ombre en nous du temps présent, mais constitue aussi une sorte d’historiographie, au moment même où ils sont vécus, d’instants depuis toujours déjà devenus des souvenirs, où aimer, être heureux ou malheureux, parler, mourir, sont comme autant de prodiges issus de ce récit fantastique qui s’appelle la vie.

Un fil tendu entre le banal et l’extravagant
Il y a d’abord cette atmosphère vaguement désoeuvrée de fin d’après-midi de dimanche. Quatre personnages se rendent visite à différents moments de leur vie. Trois femmes et un homme. À chaque fois, il ne se passe rien, ou presque : on boit un verre, on prend des nouvelles les uns des autres, on parle de sa santé… Des conversations apparemment banales, mais déjà s’installe, diffus, le sentiment du temps qui passe. Le diable est dans les détails, dit-on. Ici ce sont des traits, comme de discrètes touches de pinceau qui révèlent une trame sous-jacente. Philippe Minyana oeuvre en miniaturiste et tisse l’air de rien quelque chose qui évoque une épopée de l’intime. Cela s’écrit entre les mots pour surgir soudain comme par surprise à la manière d’un fou rire qu’on étouffe tant bien que mal ou d’une bouffée d’enfance. Un grain de sable imprévu s’est glissé dans les rouages de la réalité. Une seconde et tout bascule laissant affleurer l’autre côté des choses, à la fois trouble et scintillant, le merveilleux, le monde des contes.

Gros plan sur… Philippe Minyana
De son vrai nom Philippe Miñana et d’origine espagnole, Philippe Minyana enseigne les Lettres de 1971 à 1979. C’est d’abord en tant que comédien qu’il vient au théâtre : jusqu’en 1985, il jouera sous la direction notamment d’Andreï Serban, de Carlos Wittig ou de Benno Besson. Mais, dès 1979, il passe à l’écriture avec Premier trimestre qu’il met lui-même en scène à la Comédie de Metz. Très productif dès 1980, il a écrit depuis une quarantaine de pièces, pour la plupart publiées aux éditions Théâtrales, à l’Avant-Scène et aux éditions Actes Sud-Papiers.
Parmi ses oeuvres, citons : Le Dîner de Lina, Fin d’été à Baccarat, Chambres, Inventaires, Les Petits Aquariums, Les Guerriers, Où vas-tu Jérémie ?, André, Anne-Laure et les Fantômes, Le Couloir… De nombreux metteurs en scène tels que Viviane Théophilidès, Christian Schiaretti, Stéphanie Loïk, Alain Françon, Jean-Pierre Vincent et surtout Robert Cantarella ont accompagné son travail. Plusieurs de ses pièces ont d’abord été créées dans le cadre du « Nouveau Répertoire dramatique  » sur France Culture présenté par Lucien Attoun. Deux de ses pièces, Chambres et Inventaires, ont été inscrites au programme du baccalauréat de l’option théâtre.
Il a été de 2000 à 2007, auteur associé au Théâtre Dijon-Bourgogne/Centre Dramatique National dirigé par Robert Cantarella. Il est aussi l’auteur de livrets d’opéras. Il a également écrit des scénarios et les dialogues du téléfilm Papa est monté au ciel (réalisation Jacques Renard, Arte). Il a aussi participé à l’installation vidéo Habitants (réalisation Fabien Rigobert).
En 2002, il a été fait officier de l’ordre des Arts et Lettres. Puis en 2006, sa pièce La Maison des Morts est mise en scène par Robert Cantarella au Théâtre du Vieux-Colombier (Comédie-Française).


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