
avec
Hélène Foubert
Florence Giorgetti
Nicolas Maury
Émilien Tessier
collaboration artistique
Robert Cantarella
scénographie et lumière
Laurent P. Berger
costumes rêvés par
Florence Giorgetti
son, musique et chansons
Reno Isaac
Ah !
Que la vie
est quotidienne !
Jules Laforgue
production Comédie de Reims/C.D.N., Théâtre 95, Théâtre du Rond-Point
commande d’écriture du Théâtre du Rond-Point
Texte à paraître aux éditions de l’Arche.
![]()
CROISEMENT AVEC
L’aPOSTROPHE
de Philippe Minyana
mise en scène Florence Giorgetti
« Philippe Minyana traque l’étrangeté dans la banalité du quotidien », lisait-on en février 2006 dans Le Monde, à propos de la création à la Comédie-Française de sa pièce La Maison des morts. « Faire du théâtre, raconter une vieille légende alors que le monde flambe, que le siècle chavire », écrivaitil en mars 1995 dans les regrettés Cahiers de Prospero. Tout Minyana est peut-être entre ces deux phrases : son oeuvre entière dessine l’ombre en nous du temps présent, mais constitue aussi une sorte d’historiographie, au moment même où ils sont vécus, d’instants depuis toujours déjà devenus des souvenirs, où aimer, être heureux ou malheureux, parler, mourir, sont comme autant de prodiges issus de ce récit fantastique qui s’appelle la vie.
Un fil tendu entre le banal et l’extravagant
Il y a d’abord cette atmosphère vaguement désoeuvrée
de fin d’après-midi de dimanche. Quatre personnages
se rendent visite à différents moments de leur vie.
Trois femmes et un homme. À chaque fois, il ne se
passe rien, ou presque : on boit un verre, on prend des
nouvelles les uns des autres, on parle de sa santé…
Des conversations apparemment banales, mais déjà
s’installe, diffus, le sentiment du temps qui passe. Le
diable est dans les détails, dit-on. Ici ce sont des traits,
comme de discrètes touches de pinceau qui révèlent
une trame sous-jacente. Philippe Minyana oeuvre en
miniaturiste et tisse l’air de rien quelque chose qui
évoque une épopée de l’intime. Cela s’écrit entre les
mots pour surgir soudain comme par surprise à la
manière d’un fou rire qu’on étouffe tant bien que mal
ou d’une bouffée d’enfance. Un grain de sable imprévu
s’est glissé dans les rouages de la réalité. Une seconde
et tout bascule laissant affleurer l’autre côté des choses,
à la fois trouble et scintillant, le merveilleux, le monde
des contes.
Gros plan sur…
Philippe Minyana
De son vrai nom Philippe Miñana et d’origine
espagnole, Philippe Minyana enseigne les Lettres
de 1971 à 1979. C’est d’abord en tant que comédien
qu’il vient au théâtre : jusqu’en 1985, il
jouera sous la direction notamment d’Andreï
Serban, de Carlos Wittig ou de Benno Besson.
Mais, dès 1979, il passe à l’écriture avec Premier
trimestre qu’il met lui-même en scène à la
Comédie de Metz. Très productif dès 1980, il a
écrit depuis une quarantaine de pièces, pour la
plupart publiées aux éditions Théâtrales, à
l’Avant-Scène et aux éditions Actes Sud-Papiers.
Parmi ses oeuvres, citons : Le Dîner de Lina, Fin
d’été à Baccarat, Chambres, Inventaires, Les Petits
Aquariums, Les Guerriers, Où vas-tu Jérémie ?,
André, Anne-Laure et les Fantômes, Le Couloir…
De nombreux metteurs en scène tels que Viviane
Théophilidès, Christian Schiaretti, Stéphanie Loïk,
Alain Françon, Jean-Pierre Vincent et surtout
Robert Cantarella ont accompagné son travail.
Plusieurs de ses pièces ont d’abord été créées
dans le cadre du « Nouveau Répertoire dramatique
» sur France Culture présenté par Lucien
Attoun. Deux de ses pièces, Chambres et Inventaires,
ont été inscrites au programme du baccalauréat
de l’option théâtre.
Il a été de 2000 à 2007, auteur associé au Théâtre
Dijon-Bourgogne/Centre Dramatique National
dirigé par Robert Cantarella.
Il est aussi l’auteur de livrets d’opéras. Il a également
écrit des scénarios et les dialogues du téléfilm
Papa est monté au ciel (réalisation Jacques
Renard, Arte). Il a aussi participé à l’installation
vidéo Habitants (réalisation Fabien Rigobert).
En 2002, il a été fait officier de l’ordre des Arts et
Lettres. Puis en 2006, sa pièce La Maison des
Morts est mise en scène par Robert Cantarella au
Théâtre du Vieux-Colombier (Comédie-Française).