
Changer le
pansement
ou penser le
changement ?
P. Larrouturou
Pierre Larrouturou est l’auteur de :
Ça ne peut plus durer !, Seuil, 1994
Du temps pour vivre, Flammarion, 1996
Les 35 heures, le double piège, Belfond, 1998 (rééd. La Découverte, 1999)
La gauche est morte, vive la gauche !, Presses de la Renaissance, 2001
Urgence sociale, changer le pansement ou penser le changement ?, Ramsay, 2006.
Pierre Larrouturou
Ingénieur agronome et diplômé de l’Institut d’études
politiques de Paris, Pierre Larrouturou s’est fait connaître
du public vers le début des années 1990, en abordant
le thème du partage du temps de travail. Son calcul,
sur la base d’une durée hebodmadaire du travail de
trente-deux heures, prévoit alors que jusqu’à deux
millions d’emplois peuvent être créés.
La droite au pouvoir propose sous son influence une
législation non contraignante basée sur le volontariat
des entreprises : c’est la loi Robien.
Il est proche cependant du Parti socialiste et ses idées
sur la réduction du temps de travail seront reprises,
adaptées et appliquées dans une moindre mesure par
les lois Aubry.
Mais, dès 1994, avant même la promulgation de ces
lois, il estime : « [Avec les trente-cinq heures], on n’aura
pas l’effet de masse critique nécessaire. L’effet sur l’emploi
va être faible, ça va coûter très cher. On n’aura pas
les évolutions qualitatives nécessaires dans le rapport
au travail. Des milliers de salariés vont être frustrés… »
En décembre 1999, il prévoit : « La deuxième loi Aubry
n’endiguera pas le chômage, n’améliorera pas la vie
des salariés et risque de faire perdre à la gauche les
élections de 2002. » Il tente donc, avec le slogan « Ne
votez pas pour moi, mais écoutez ce que j’ai à dire »,
de se présenter lui-même à l’élection présidentielle,
mais il ne recueille pas les cinq cents signatures indispensables.
Après la défaite de 2002, il se rapproche à
nouveau du Parti socialiste et, en octobre 2004, il coécrit
avec Michel Rocard un article dans Le Nouvel Observateur
où il maintient qu’un passage rapide et brutal aux
trente-deux heures peut faire baisser le chômage.
Il a fondé le mouvement Nouvelle Donne, qui propose
un nouveau contrat social, pour donner davantage la
parole aux citoyens.