théâtre 95direction Joël Dragutin


Le Cid
théâtre - création - 22 > 23 mai

jeudi 22 mai 14h30
ven. 23 mai 14h30 et 21h

avec
Elsa BERTON,
Camille DE BONHOME
Judicaël BONI
Marion CHAMPENOIS
Elodie COUPELLE
Bertrand FESTAS
Paul GRENIER
Nilton MARTINS
Lionel PASCAL
Henri–Pierre PLAIS
Frédérique STARCK

de Pierre CORNEILLE
mise en scène Marie MONTEGANI

« Il me semble qu’il y a dans l’écriture même, une force créatrice d’un élément dramatique absolument colossal. Le texte crée de l’image, le texte crée de l’émotion, le texte excite de l’imaginaire. Seulement, il faut le faire entendre. Le premier travail d’un acteur est de réfléchir sur le langage. »
Claude Regy

Pour ma première mise en scène en 97, « Andromaque » de Racine s’était imposée à moi comme une évidence. J’y trouvais une fougue, une audace, un vertige au sein même de l’écriture, des jeunes héros en prise à une danse macabre menée par l’imposante figure de la troyenne interprétée par Véronique Affholder auprès d’un Oreste campé par David Ayala.
Plus récemment, il y eu Shakespeare dans une adaptation du Roi Lear qui inaugura le théâtre d’I.V.T(International Visual Theatre). Le séisme que provoque Lear, cette tempête sous son crâne, cette œuvre magistrale questionnant « l’Homme » m’ont conduit vers des chemins inattendus, confiant le rôle principal à une femme, Clémentine Yelnik, et celui de Cordélia à Emmanuelle Laborit, mêlant langue des signes, texte, musique originale et images-vidéo.
Et puis, toujours ces vers, depuis mes débuts au théâtre, ceux qui me trottent si souvent dans la tête comme le refrain d’une chanson bien connue, empreint d’une incroyable nostalgie liée sans doute à des souvenirs scolaires, à cette image de Gérard Philippe dans le petit classique Larousse, prince parmi les princes, à l’enregistrement de la troupe du T.N.P, souvenir encore avec le personnage de l’Infante qui me valut l’entrée à l’école du T.N.S,…

Ce jeune cavalier cet amant que donne, Je l’aime. Vous l’aimez ! Mets la main sur mon cœur...
Enfin vous l’emportez, et la faveur du roi vous élève en un rang qui n’était dû qu’à moi, Il vous fait gouverneur du prince de Castille…
Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu...Rodrigue, as-tu du cœur ?...
Percé jusques au fond du cœur d’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle, misérable vengeur d’une juste querelle, et malheureux objet d’une injuste rigueur….
O miracle d’amour ! O comble de misères ! Que de maux et de pleurs nous coûteront nos pères ! Rodrigue, qui l’eût cru ? Chimène, qui l’eût dit ?....
T’écouterais-je encore respect de ma naissance qui fait un crime de mes feux,…

« Le Cid », sans doute la pièce la plus célèbre de notre répertoire, « Le Cid », notre Roméo et Juliette, « Le Cid », et son incroyable succession de tubes !
En juin dernier, je décidais enfin de m’en emparer et pour cela, je rassemblais une troupe de jeunes acteurs aux parcours divers. Durant plusieurs mois, nous nous mîmes au travail afin d’essayer de faire jaillir un chant commun. À travers l’écriture, nous ressentions l’incroyable insolence de ce jeune auteur de trente ans, qui enfreignait avec brio les règles du théâtre classique ; Chimène m’apparut alors comme une rebelle, une seconde Antigone, le Cid, comme un Lorenzaccio ou un Hamlet qui échapperait de justesse à une fin tragique, l’Infante, comme une Phèdre sauvée par le devoir…La jeunesse des comédiens rencontrait la vitalité juvénile de l’œuvre, et se laissait griser par le tourbillon cruel des passions. Restait le texte, la langue de Corneille, la partition rigoureuse qu’il a fallu régler pour que puisse naître par delà les contraintes, le plaisir de jouer « à cœur ouvert ».
J’ai posé au sol un carré, promontoire sur lequel chaque personnage vient nous conter ses tourments, des chaises tout autour, sur lesquelles les comédiens observent, écoutent jusqu’au moment où ils montent prendre la parole.
J’ai sorti de ma réserve accessoires et costumes. Chacun y a puisé en y ajoutant des touches personnelles.
Et « notre Cid » peu à peu a pris corps.

Marie Montegani


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