théâtre 95direction Joël Dragutin


L’éducation artistique, de quoi parle-t-on ?
colloque - 7 juin


Dossier du colloque
La Terrasse sept 2008

samedi 7 juin 2008
de 10h à 18h

Intervenants

Emmanuel Fraisse
Professeur à Paris-III Sorbonne Nouvelle

Muriel Genthon
Directrice Régionale adjointe de la DRAC Ile-de-France

Dominique Gillot
Vice-présidente du Conseil général du Val d’Oise chargée de la culture, Vice-présidente de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise Maire d’Eragny

Joël Jouanneau,
Auteur, metteur en scène

Didier Lockwood
Compositeur, musicien, interprète et improvisateur, Directeur du Centre des musiques Didier Lockwood

Hélène Mathieu
Inspectrice générale au ministère de l’Éducation nationale

Alain Moget
Délégué à l’éducation artistique et à l’action culturelle, Rectorat de Versailles

Joël Roman
Philosophe, membre du comité de rédaction de la revue Esprit, Auteur, entre autres livres, de La Démocratie des individus, et de Eux et nous

3e Rencontre Culture de Cergy-Pontoise
« Quelle(s) culture(s) pour quel(s) public(s) ? »

La rencontre de 2006 (« Culture, jeunes et “cultures jeunes” ») avait établi un constat, celui du décalage, voire de l’incompréhension entre les formes artistiques revendiquées par une majorité de jeunes et celles proposées par les institutions culturelles. Mais elle avait aussi promu l’espoir du dépassement de ces fractures, et cet espoir, tel qu’il avait été formulé, avait un nom : l’éducation artistique et culturelle.

Car, disons-le sans ambages, notre pays souffre d’une insuffisance notoire en matière de sensibilisation des jeunes aux arts. Cela peut expliquer, en effet, les difficultés que rencontrent certains pour accéder à certaines œuvres ou pratiques artistiques. On ne choisit pas ce que l’on ignore. Chacun est enfermé dans un environnement culturel, déterminé par le quartier où il habite, l’école qu’il fréquente, les caractéristiques socioprofessionnelles de sa famille, et l’éducation nationale n’est pas, aujourd’hui, ou pas assez, le lieu des apprentissages artistiques, par lesquels se fonderait une véritable démocratisation culturelle. C’est bel et bien, par ailleurs, d’un droit qu’il s’agit, d’un droit pour tous.

Ce diagnostic fait consensus, si l’on en juge d’après les programmes des différents candidats à l’élection présidentielle de 2007, qui, tous, avaient mis l’éducation artistique en avant, et l’avaient désignée comme la pierre angulaire de leurs projets de politique culturelle. Ce consensus est tel, les ambitions que l’on prête à l’éducation artistique sont si grandes qu’on peut cependant se demander si tout cela est bien réaliste.

De l’éducation artistique, on espère ainsi l’accroissement bien sûr des publics concernés par la politique culturelle, l’enrichissement critique des enfants et des jeunes à qui une telle fréquentation des œuvres et des artistes serait permise, mais aussi, pêle-mêle, la pacification de la société et la disparition des violences, la maîtrise, même, des pulsions archaïques, l’accès au symbolique et à l’universel – bref, de nouvelles dispositions au « vivre ensemble » et les fondements d’une démocratie idéale.

Une telle foi dans l’évangélisation artistique devrait nous réjouir, mais nous craignons que ce ne soit pas si simple. C’est pourquoi nous voudrions cette année interroger cette panacée universelle, non pas pour en remettre en question la nécessité, à laquelle nous croyons, nous aussi, fermement, mais pour ouvrir ce qui se présente comme une nouvelle utopie culturelle, tout aussi fragile peut-être que s’est révélée celle de l’éducation populaire qui fut tant chantée au siècle dernier.

Car, si l’éducation artistique est une nécessité, de quelle nécessité s’agit-il, pour qui, comment et pour quoi ? Ne peut-on parfois déceler, dans sa revendication, un alibi pour d’autres renoncements ? Et puis, pourquoi fait-elle l’objet de tant de discours emphatiques, de la part des politiques en particuliers, alors qu’ils se traduisent si rarement dans les faits ? Que met-on (que cache-t-on ?) derrière ce terme « éducation artistique et culturelle » ? Quelles réalités recouvre-t-il ? Ne s’agit-il pas de l’auberge espagnole où chacun trouve ce qu’il y apporte ? Quels en sont les enjeux réels pour chacun des acteurs concernés ? Quels effets magiques en espère-t-on, et quels effets réels peut-on en attendre ?

Notre colloque tentera de remettre à plat le débat sur ces questions, en s’appuyant sur les travaux des scientifiques et le témoignage des principaux acteurs : politiques, artistes, pédagogues. Un colloque, oui, pour une utopie raisonnée…

Programme de la journée

10 h 00 : Accueil par Joël Dragutin

10 h 15 : Présentation du colloque par Anita Weber, inspectrice générale au ministère de la Culture et de la Communication
« Les grandes étapes de l’éducation artistique et culturelle en France : des avancées chaotiques »

10 h 30 : Première table ronde :
« Les enjeux pédagogiques de l’éducation artistique »
Emmanuel Fraisse, professeur à l’Université Paris III-Sorbonne nouvelle,
Alain Moget, directeur de la D.A.A.C de l’Académie de Versailles
Hélène Mathieu, inspectrice générale au ministère de l’Éducation nationale.

12 h 00 : Questions du public

12 h 30 : Pôle musical du Collège les Merisiers sous la direction d’Olivier Jacquemin

13 h 00 : BUFFET CONVIVIAL

14 h 30 : 2ème table ronde
« Le paradoxe des politiques d’éducation artistique »
Muriel Genthon, Directrice régionale adjointe de la DRAC Ile-de-France
Dominique Gillot, Vice-présidente du Conseil général du Val d’Oise à la culture et à la commission permanente, Vice-présidente de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise Maire d’Eragny
Hélène Mathieu, inspectrice générale au ministère de l’Education nationale

15 h 45 : 3ème table ronde
« L’art à l’école ou l’ultime utopie ? »
Joël Jouanneau, Auteur, metteur en scène
Didier Lockwood, Compositeur, musicien, interprète et improvisateur, Directeur du Centre des musiques Didier Lockwood
Joël Roman, Philosophe, membre du comité de rédaction de la revue Esprit, Auteur, entre autres livres, de La Démocratie des individus, et de Eux et nous

17 h 15 : Débat avec le public

17 h 45 : Conclusion Anita Weber et Joël Dragutin

Entrée libre, réservation indispensable
01 30 38 11 99 | contact@theatre95.fr

Coordination : Sophie Barrouyer
Contacts professionnels et publics : Marie Colonna
marie.colonna@theatre95.fr / Tel 01 34 20 11 12

Documents joints

  • Document (PDF - 439.3 ko)
    Dossier du colloque / La Terrasse sept 2008

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