
avec
Mariana Araoz
Étienne Champion
Peggy Dias
Évelyne Fagnen
Christophe Patty
Guillaume Séverac-Schmitz
Éric Tinot
assistant à la mise en scène
Didier Girauldon
masques
Étienne Champion
scénographie
Bertrand Siffritt
costumes
Sylvie Berthou
assistante aux costumes
Emmanuelle Ballon
lumière
Jean Grison
« Pour moi, qui ne vous ai point dit de vous
marier avec moi, et que vous avez prise
sans consulter mes sentiments, je prétends
n’être point obligée à me soumettre en
esclave à vos volontés ;
et je veux jouir, s’il vous plaît, de quelque
nombre de beaux jours que m’offre la
jeunesse, prendre les douces libertés que
l’âge me permet, voir un peu le beau monde,
et goûter le plaisir de m’ouir dire des
douceurs. »
George Dandin
ACTE II, SCÈNE 2
production Théâtre 95
Collectif Masque
Compagnie Annibal et ses éléphants
avec le soutien de La Cave à Théâtre de Colombes et de la Ville de Saint-Gratien
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de Molière
mise en scène Mario Gonzalez
George Dandin, bien que très célèbre et souvent montée, n’est pas reconnue comme une « grande » pièce de Molière, et on ne la range pas spontanément aux côtés du Misanthrope, de Tartuffe, Dom Juan ou de L’École des femmes. On ne la range pas même à la hauteur du Malade, cette autre comédie-ballet, qui plus est testamentaire. Pourtant, c’est par une oeuvre comme celle-ci, qui ne paie pas de mine et exploite une fois de plus les ressorts du cocufiage, que l’on peut le mieux peut-être apercevoir le génie de Molière, la profondeur de sa connaissance de l’âme humaine et son pressentiment de l’inconscient et des noirs courants qui en parcourent les fonds. À partir de rien, avec une grande économie au plan de l’action, il fait montre d’un savoir sur les femmes, sur le langage, sur la chair tel qu’on pense aussi bien à Shakespeare qu’à Marivaux, à Sade qu’à Baudelaire…
Georges Dandin ou la Vengeance de Claudine
Pour moi, contrairement à l’idée reçue, George Dandin doit être jeune et beau, ce n’est pas pour son aspect qu’Angélique le repousse. Avant son mariage, il vivait une forte passion amoureuse avec sa gouvernante
Claudine. Devenu soudainement riche, il la rejette et s’achète un titre de noblesse en épousant de force Angélique, la fille des Sotenville. Celle-ci refuse violemment de consommer le mariage. Claudine, au lieu de quitter George Dandin, reste à son service, pour mieux contrôler la situation et se venger. La pièce commence le lendemain de la nuit de noces. La fébrilité
intense des personnages alimente l’atmosphère tendue et le suspense pendant tout le déroulement du spectacle. Tout se passe très vite, dans l’unité de temps, d’action et de lieu. En une journée, la boucle est bouclée et la tragédie arrive, puisque George Dandin décide de mettre un terme à sa vie. C’est une mise à mort en trois actes, à l’image d’une corrida. Tous les personnages seront masqués. Mario Gonzalez
Gros plan sur… Mario Gonzalez
Au lendemain de 1968, souriant et silencieux, Mario Gonzalez balayait sans rechigner les planchers
du Théâtre du Soleil à la Cartoucherie, attendant
son heure. L’ancien petit marchand de glaces
ambulant de Ciudad Guatemala (où il avait étudié
les marionnettes, la danse et le théâtre), qui
transformait à l’occasion son chariot en théâtre
de marionnettes, allait rester près de huit ans
avec la troupe d’Ariane Mnouchkine. Son premier
rôle : « Pépé la moquette » dans une création
collective à partir d’improvisations. Il participe
ensuite à 1789 et L’Âge dor, avant de prendre
son envol et de jouer dans plusieurs spectacles
mis en scène par Benno Besson, Petrika Ionesco,
Jérôme Savary, etc… ou de tourner avec Frank
Cassenti, Joseph Losey, Coline Serreau, Ariane
Mnouchkine…
Amour du travail et volonté de fer, Mario Gonzalez
n’est pas homme à faire les choses à moitié.
Comédien doué, reconnu comme l’un des meilleurs
spécialistes au monde de la commedia
dell’arte et des jeux de masque, Mario Gonzalez
a choisi d’être avant tout pédagogue et metteur
en scène. Professeur pendant plus de vingt ans
au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique
de Paris, il a aussi enseigné à l’École nationale
du Cirque de Rosny-sous-Bois, au Centre
national des Arts du cirque de Châlons-sur-Marne,
mais encore au Conservatoire national de
Montréal (Canada), à l’École nationale de Théâtre
de Göteborg, Stokholm et Malmö (Suède), au
Conservatoire national d’Helsinki (Finlande)…
Il a mis en scène plus d’une trentaine de spectacles,
de Shakespeare à Beckett en passant par
Molière auquel il revient toujours. De Georges
Dandin, il a donné des versions dans plusieurs
langues (en allemand et en suédois notamment),
mais il le monte pour la première fois en français
et en version masquée. Le Théâtre 95 est heureux
d’être son partenaire pour cette aventure.